Au printemps et en été, de nombreux propriétaires constatent que leur âne a les oreilles couvertes de croûtes épaisses, parfois accompagnées de sang séché. L’aspect peut être impressionnant et faire craindre une maladie grave.

Dans la majorité des cas, ces lésions sont liées aux moucherons piqueurs et à d’autres insectes hématophages. Il ne s’agit pas d’une maladie contagieuse, mais de piqûres répétées sur une zone particulièrement sensible.

Comprendre pourquoi les oreilles sont touchées et comment réagir permet d’éviter l’aggravation des lésions et d’améliorer rapidement le confort de l’âne.

Les insectes piqueurs responsables chez l’âne

Les croûtes et saignements observés sur les oreilles d’un âne en été sont le plus souvent provoqués par des insectes qui se nourrissent de sang. Contrairement à une infection ou à une pathologie contagieuse, il s’agit d’agressions répétées dues à des piqûres multiples.

Plusieurs types d’insectes peuvent être impliqués selon la région et l’environnement.

Les moucherons piqueurs

Les plus fréquemment responsables appartiennent au genre Culicoides.

Ce sont de très petits insectes, parfois à peine visibles à l’œil nu. Leur taille réduite leur permet de passer à travers certaines protections mal ajustées.

Seules les femelles piquent, car elles ont besoin d’un repas sanguin pour la maturation de leurs œufs. Leur activité est maximale :

• au lever du jour
• au coucher du soleil
• par temps chaud
• en atmosphère humide
• lorsque le vent est faible

Ils sont particulièrement nombreux près des zones humides, mares, fossés, abreuvoirs mal drainés ou pâtures riches en matière organique humide.

Les simulies

Les simulies du genre Simulium sont également des insectes hématophages.

Plus robustes que les moucherons, elles peuvent provoquer des attaques intenses et localisées. Elles se développent surtout près des cours d’eau ou des zones très humides.

Lorsqu’elles sont présentes en nombre, elles peuvent entraîner des lésions marquées sur une surface restreinte comme le pavillon auriculaire.

Les taons et autres insectes

Les taons du genre Tabanus sont plus grands et leurs piqûres sont généralement isolées mais douloureuses. Ils sont moins souvent responsables des croûtes diffuses des oreilles, mais peuvent accentuer l’irritation locale.

D’autres petits insectes piqueurs peuvent également intervenir selon le climat et l’environnement.

Pourquoi les oreilles des ânes sont particulièrement ciblées

Les oreilles constituent une zone particulièrement attractive pour les insectes piqueurs :

• peau fine
• forte vascularisation
• surface large et exposée
• faible densité de poils protecteurs

Même si l’âne secoue la tête, il ne peut pas empêcher les piqûres répétées à l’intérieur du pavillon. Lorsque les insectes sont nombreux, les attaques deviennent quasi continues, notamment au crépuscule.

Mécanisme des lésions auriculaires chez l’âne

Les lésions observées ne sont pas liées à une seule plaie, mais à l’accumulation de nombreuses micro-agressions répétées.

La piqûre et la réaction inflammatoire dans l’oreille de l’âne

Lorsqu’un insecte pique, il injecte une salive contenant :

• des substances anticoagulantes
• des enzymes facilitant l’écoulement du sang
• des protéines pouvant déclencher une réaction allergique

Cela provoque immédiatement :

• une micro-hémorragie
• une inflammation locale
• une vasodilatation
• un afflux de cellules immunitaires

Sur la peau fine des oreilles, ces micro-saignements sont particulièrement visibles.

Formation des croûtes et saignements répétés dans l’oreille de l’âne

Le problème n’est pas une piqûre isolée, mais la répétition quotidienne des attaques.

Lorsque les piqûres se multiplient :

• le sang s’accumule en surface
• il sèche et forme des croûtes brun foncé à noires
• de nouvelles piqûres surviennent sur des zones déjà lésées
• la peau s’épaissit progressivement

Les croûtes sont constituées de sang séché et d’exsudat inflammatoire. Si elles sont arrachées trop tôt, un nouveau saignement survient et le cycle inflammatoire redémarre.

Avec le temps, on peut observer :

• un épaississement du pavillon
• une hyperpigmentation
• parfois des fissures cutanées

Hypersensibilité et dermatite estivale

Chez certains ânes, la réaction immunitaire est disproportionnée. Il s’agit alors d’une hypersensibilité aux piqûres d’insectes.

Dans ces cas :

• le prurit est intense
• l’œdème est marqué
• les lésions reviennent chaque année
• l’inflammation peut s’étendre

Ce mécanisme est proche de la dermatite estivale observée chez les équidés sensibles aux moucherons, notamment ceux du genre Culicoides.

Signes cliniques observés chez l’âne

Les lésions liées aux moucherons aux oreilles de l’âne peuvent sembler spectaculaires, mais leur évolution est généralement progressive.

Lésions visibles dans les oreilles de l’âne

Les atteintes se situent surtout sur la face interne et les bords du pavillon.

On observe le plus souvent :

• des croûtes brun foncé à noires
• de multiples petits points rouges
• des micro-saignements récents
• un gonflement modéré

L’aspect noirâtre correspond le plus souvent à du sang séché et non à une nécrose.

Signes comportementaux chez l’âne

Selon la sensibilité de l’âne :

• secouements répétés de la tête
• gêne au toucher
• frottements contre les clôtures

L’intensité dépend :

• de la pression d’insectes
• de la durée d’exposition
• de la sensibilité individuelle

Complications possibles

Dans la majorité des cas, les lésions restent superficielles. Toutefois, certaines complications peuvent apparaître.

Surinfection bactérienne

Les micro-lésions peuvent devenir une porte d’entrée pour des bactéries.

On peut observer :

• chaleur locale accrue
• écoulement purulent
• odeur inhabituelle

Otite externe secondaire

Si l’inflammation s’étend vers le conduit auditif :

• douleur plus importante
• secouements accentués
• écoulement auriculaire

Épaississement chronique du pavillon

En cas d’exposition répétée chaque saison sans protection :

• peau plus épaisse
• moins souple
• plus pigmentée

Prévention des moucherons chez l’âne

La prévention repose sur la réduction maximale des piqûres.

Protection mécanique des oreilles

La protection physique est la méthode la plus efficace.

Masque anti-mouches avec protection oreilles

Le masque doit :

• couvrir toute la longueur des oreilles
• être bien ajusté
• être vérifié quotidiennement

Un masque mal ajusté laisse passer les petits moucherons.

Abri ventilé

Les moucherons volent mal en présence de vent.

Un abri ventilé réduit significativement la pression d’insectes.

Utilisation de soins adaptés en prévention

En complément du masque, l’application d’un soin adapté peut soutenir la peau.

Un produit comme Derma Equilibrium peut être utilisé sur les pavillons auriculaires.

Sa formule vise à :

• renforcer la résistance cutanée
• accompagner la réparation des micro-lésions
• maintenir la souplesse de la peau
• apporter un confort cutané en période estivale

Sa légère odeur peut également contribuer à rendre la zone moins attractive pour les insectes, sans remplacer la protection mécanique.

Gestion des oreilles déjà lésées

L’objectif est de favoriser la cicatrisation tout en empêchant de nouvelles piqûres.

Nettoyage adapté

Un nettoyage excessif aggrave les lésions.

Il convient simplement de :

 • passer un chiffon doux légèrement humidifié
• retirer les salissures superficielles
• ne pas arracher les croûtes adhérentes

Les croûtes constituent une protection temporaire naturelle.

Restauration de la barrière cutanée

La peau doit être soutenue pour retrouver son intégrité.

Il est recommandé d’utiliser :

 • des soins non irritants
• des textures non occlusives
• des produits sans substances agressives

Les produits trop gras ou occlusifs peuvent favoriser la macération.

Un soin comme Derma Equilibrium peut être utilisé aussi bien en phase réparatrice qu’en prévention saisonnière.

Quand consulter un vétérinaire

Une consultation est recommandée en cas de :

• gonflement important et persistant
• écoulement auriculaire
• aggravation rapide des lésions
• douleur marquée